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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 12:45

Les classes de 3°2 et 3°3 avec leur professeur d'histoire-géographie Mme Chastrusse et Mme Aguiar ont rencontré M. Berkover, ancien déporté, qui est venu leur apporter son témoignage sur la vie pendant le seconde guerre mondiale en tant que juif en France et sur les camps de concentration.

M. Berkover a été déporté à l'âge de 14 ans avec sa mère et son frère. Après un court passage au camp de Drancy, il est envoyé à Auschwitz en juin 1944. Il en reviendra seul en mai 1945.

Pendant deux heures M. Berkover a raconté aux élèves sa vie à cette période et il a répondu à leurs questions. Voici quelques témoignages d'élèves sur cette rencontre.

 

« C'est très intéressant que cet homme soit venu témoigner car cela nous incite à ne pas commettre les mêmes erreurs qui ont été commises auparavant. » Elise 3°3


« Pendant le cours, les émotions sont présentes. Cependant, en écoutant le témoignage détaillé d'une personne qui a elle-même vécu ces événements, l'émotion est beaucoup plus forte. On savait déjà que les conditions étaient atroces dans les camps, mais en regardant les photos on comprenait mieux. » Loubna 3°3


« Il avait 14 ans quand son frère s'est fait déporter, puis quand sa mère et lui-même se sont fait déporter. Il nous a raconté son histoire avec le plus de détails, son témoignage était terrifiant du fait des horreurs qu'il a vues. Il nous a aussi raconté de quelle façon il a réussi à s'en sortir ». Eddie 3°3


« Cette rencontre m'a beaucoup touchée. Il y avait tellement d'émotion dans ce que disait M. Berkover, le fait qu'il avait exactement notre âge lorsqu'il a été déporté m'a fait encore plus prendre conscience de ce qui lui était arrivé. Je ne sais pas si à sa place j'aurais eu le même courage et la même force; Ce qui m'a marqué c'est aussi le fait qu'il soit passé deux fois tout près de la mort mais que son instinct l'a sauvé. Cela m'a aussi appris qu'il faut profiter de la vie car elle peut basculer d'un moment à l'autre. » Emma 3°3



« Ça m'a  appris les difficultés des camps de concentration et le peu de personnes qui ont survécu. Et aussi ce qu'ils faisaient aux personnes qu'ils trouvaient inaptes à travailler comme les femmes et tous les moins de 16 ans. Et comment ils voyageaient, le nombre qu'ils étaient dans les wagons. » Bakary 3°3



« Ce qui m'a le plus marqué c'est l'immense courage dont a fait preuve M. Berkover à l'âge de 14 ans. Etant ancien déporté à Auschwitz il a réussi à affronter et surmonter des épreuves extrêmement dures à vivre qu'il a raconté avec sagesse et sans amertume. Ce que j'ai appris en plus par rapport au cours c'est le déroulement d'une journée type d'un déporté : déplacer des briques ou bien porter des rails de trains. Les conditions de vie très difficiles : vulnérabilité aux maladies comme le typhus, le manque de confort et de nourriture : une eau noire pour le petit déjeuner et un bouillon avec un crouton sec pour le dîner. » Leïla 3°3



« Ce qui m'a le plus marqué c'est quand M. Berkover nous a dit que lorsqu'ils étaient au travail, ils ne pouvaient ni parler, ni s'assoir, ni fumer. S'ils faisaient une de ces choses, ils recevaient 25 coups de matraque. Et le deuxième moment qui m'a marqué c'est quand ils devaient défiler au son de la musique devant les pendus. Tout ça montre bien le sadisme des nazis et montre aussi leur cruauté et leur méchanceté. Ça devait être des moments horribles. Sara 3°3


« J'ai appris en quelque sorte les « coulisses » de ce génocide avec des détails sur la tuerie de la sortie du train, le long et mortel trajet en train. J'ai eu le point de vue de quelqu'un qui a vécu ça, quelqu'un qui peut raconter tout dans les moindres détails. C'est grâce à cet homme que je connais désormais mieux cette histoire car le programme du collège ne nous apprend que les grandes lignes de cette période et aucun détail. Cette histoire peut perdurer et c'est à nous maintenant de prévenir les générations futures. G.K. 3°3


« J'ai trouvé ça vraiment émouvant la manière dont il a raconté son histoire. De temps en temps j'ai eu l'impression qu'il avait les larmes aux yeux. J'ai essayé de me mettre à sa place et moi je n'aurai pas pu raconter cette histoire de cette manière. Il était serein, calme, il riait. C'est difficile de garder une telle sérénité en racontant une histoire tourmentée. » Eurice 3°3


« Je pense que c'est une chance pour nous d'avoir ce témoignage car il n'y aura bientôt plus de déportés pour témoigner. Ce qui m'a le plus marqué c'est quand il a dû laisser sa mère sans savoir qu'il ne la reverrait plus et aussi quand il a laissé son frère à l'hôpital tout seul et qu'il culpabilise toujours de l'avoir laissé et qu'il se demande toujours pourquoi lui a survécu et pas son frère. C'était très émouvant car il nous racontait toutes ces horreurs qu'on lui a faites avec les larmes aux yeux car quand il nous raconte cela, il se replonge dans ce moment de sa vie qu'il n'a peut-être pas envie de revivre mais il le fait pour nous. » Mathilde 3°3


« Je trouve que l'on a beaucoup de chance d'avoir eu, à notre âge, un témoignage d'un ancien déporté car, hélas, il n'en reste plus beaucoup aujourd'hui. M. Berkover est un homme vraiment courageux car il doit se remettre en mémoire des moments qui ont, sans doute, été très douloureux pour lui et vu son grand âge, çà ne doit pas être très agréable de se déplacer plusieurs fois mais on l'en remercie énormément. Dans tout ce qu'il nous a raconté, ce qui m'a le plus marqué, c'est quand il a dû se séparer de sa mère sans savoir que c'était la dernière fois qu'il la voyait. Ou même lorsqu'il nous a dit qu il se demandait encore aujourd'hui pourquoi lui a survécu mais pas son frère. Et on voyait bien sa tristesse et son regret dans ses yeux. Et puis lorsqu'il avait fui dans la forêt, il entendait les coups de feu se rapprocher et s'était même dit de faire le mort et de renoncer mais il a eu le présentiment de continuer, de ne pas s'arrêter. Et c'est l'une des raisons qui fait qu'il est toujours en vie aujourd'hui. »

Bouchra 3°3


« C'est un homme comme les autres qui s'avance et prend place derrière une table du CDI.. Un homme âgé, certes, mais un homme comme tout le monde. Jamais personne en un simple regard ne pourrait deviner la cruauté et l'atrocité que cet homme, André Berkover, a vécu. Les négationnistes peuvent penser que ce système concentrationnaire n'est que tromperie et n'a jamais existé, même avec ce numéro A15872 tatoué sur son bras gauche, pour eux, cet homme n'a jamais été considéré comme un animal, mais la sincérité des paroles de M. Berkover ne trompent pas, elles.

Ce témoignage, si émouvant, touchant et riche en précision m'a ouvert les yeux sur des détails que j'ignorais sur la façon dont étaient traités les déportés.

Il faut dire que c'est tellement dur de réaliser, de se dire que toutes ces horreurs sont bien réelles et ont vraiment existé, que des millions d'êtres humains ont souffert à cause de l'égoïsme de certains.

Quand M. Berkover a raconté son histoire, mon impression était d'être face à un homme détendu, il souriait et rigolait même parfois à certains cruels passages de son histoire. C'est donc cela qui m'a tant marqué, cette facilité : comment peut-il avoir repris goût à la vie après cela? Comment peut-il réussir à ne pas craquer en racontant cette terrible histoire? Comment peut-il relater aussi simplement la dernière fois où il a vu sa mère ?

C'est avec une chance incroyable que cet homme est encore en vie, de me dire qu'à quatorze ans (mon âge !), il courrait pieds nus dans la neige, brûlé au deuxième degré, les balles de mitraillette passant au-dessus de sa tête. Ce que j'ai ressenti après avoir écouté son histoire est de l'admiration pour cet homme qui après tant d'années d'horreur continue ce combat en témoignant pour que son histoire ne soit revécue par personne.

Un grand merci à lui, pour son témoignage qui a été tellement enrichissant. »

Clémence

 

 

 

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Published by Documentalistes - dans Travaux français
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