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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 15:18

Les 3eme8 ont réalisé un travail d'écriture à partir de la bande-dessinée de Tardi, "c'était la guerre des tranchées". Voici quelques extraits de leurs travaux, vous pourrez retrouver l'intégralité de ces textes au CDI ainsi que la bande-dessinée.


tardi.jpg

 

 

Texte de Morgane 


Une détente actionnée. Un bruit sourd. Une balle qui part. Une seule, qui suffit à tuer un homme. L’homme a la respiration coupée. Puis il hurle à la mort. Comme si la seule et unique balle qui l’avait atteint était parvenue à déchirer tout son corps. Il hurle, pour qu’on l’entende. Qu’on l’entende loin, très loin. Jusqu’aux villes, jusqu’aux frontières, jusqu’aux autres pays. Il rend sourd tout le monde et pourtant, personne ne veut le faire taire. Ils le laissent agoniser dans sa souffrance. Puis vient le néant pour lui. Il ne ressent plus rien. Ni la douleur, ni la peur, ni la faim qui le tiraillait auparavant. Plus rien. Il s’envole, dans un espace blanc et vide. Il flotte. Il pense à elle. Seulement à elle. C’est la seule chose qui compte. La seule chose qui peut lui importer à présent. Les armes, le froid, les tranchées dévastées, rien n’est important. Si, cette femme. Edith. Il l’aime. Il l’aime mais il est mort. Ou bien il est en train de mourir. Il n’en sait rien. Il veut juste que tout s’arrête.

 

Texte de Nina


 

Malton et Gibreuil

Pierre Bouvreuil était mort. Un mort parmi tant d’autres. Les soldats Malton et Gibreuil, cigarettes au bec, lancèrent un dernier adieu à la nuit en mémoire à Pierre. Les deux poilus se sentaient coupables. C’étaient eux de garde le soir où Pierre était mort. Ils avaient entendu son cri mais ne lui étaient pas venus en aide, empêtrés dans une peur de se faire, eux, tirer dessus. Ce qu’il devait rester de lui, maintenant, était des os calcinés. Malgré ces macabres pensées , ils se rappelèrent tous les bons moments passés avec Pierre. La fois où il avait pendu un rat mort sur le passage d’un caporal que personne n’aimait. Le camp entier avait explosé de rire en voyant la tête de trois pieds de long qu’avait tirée le caporal. Celui-ci avait eu beau chercher le coupable, il ne l’avait jamais trouvé.

Soudain retentit l’appel du lieutenant Garnier ramenant les deux soldats à la réalité. Les poilus quittaient le camp.


 

Texte de Romain

 

 

 

Pendant que Pierre agonisait, deux soldats étaient là, à le regarder, figés, à ne rien faire pour le sortir des griffes de celle qui veut tant le prendre avec elle. Celle qui fait tant peur aux soldats qui sont là, à tirer avec leurs armes, leurs obus, sans relâche pour certainement crier victoire à la fin. Ces deux soldats qui regardent Pierre mourir, souffraient eux aussi.

-« Qu’est-ce qu’on peut faire ? Merde!

-Vas-y !...Va le chercher !...c’est toi qui devait être au p’tit poste, non ? »

Mais aucun de ces braves soldats n’ira chercher ce pauvre homme. Une larme coula sur la joue de Pierre, cette goutte qui représente les souffrances, l’agonie endurées pendant des mois de combat. Cette larme représente tout cela en même temps. Pierre cria une dernière fois le nom de sa femme. Pierre utilisa son dernier souffle et la mort se posa sur lui.

 

Texte d'Estelle

 

 

Edith était loin d’imaginer que Pierre était aux portes de la mort. Il avait reçu une grave blessure, il était en pleine agonie sous les yeux de ses deux camarades. Il voyait sa vie défiler, des souvenirs laissés derrière lui, du sang couler.

C’est en criant une dernière fois le nom « Edith » qu’il tomba à terre, il ferma ses yeux avec comme seule image, le visage de sa femme. Il sentit son corps partir…

La neige sur laquelle Pierre était allongé n’était plus blanche, mais rouge.

 

 Texte de Salomé


 

 

Il y a peu, j’ai trouvé un amas de papier jauni dans un tiroir de la commode de Grand-mère. Sur le moment, je n’y ai pas fait attention mais je viens de les retrouver sur mon bureau et, comme il pleut, je m’y intéresse…c’est fascinant !

Ce sont des lettres, échangées pendant la Première Guerre mondiale par Edith et Pierre Bouvreuil, mes ancêtres ! J’ai déjà fouillé plusieurs fois dans les archives familiales et il ne m’est pas difficile de me souvenir d’eux…

 

Texte de Bryan

 

 

La pauvre femme termine son chemin, arrive à l’usine, débute son travail consistant à fabriquer des obus. Une collègue arrive et l’informe avec tristesse que le frère d’une autre collègue avait été tué en Argonne. Puis elle demande à Edith si elle a eu des nouvelles de son mari. Cette dernière hoche la tête, « oui ». L’annonciatrice de mauvaises nouvelles s’en va. L’épouse de Pierre s’arrête un instant…sort à nouveau la carte, se dirige vers les vestiaires et encore une fois la relit. Celle-ci est loin de s’imaginer que son mari a subi le même sort que le frère de sa camarade…

 

Nous sommes à Verdun, Pierre commence sa ronde habituelle de la tranchée. Il marche, désespérément. Le regard vide, le barbu pense, beaucoup…trop. Une déflagration retentit. Pierre est douloureusement sorti de ses pensées, il a été touché. Le blessé hurle sa douleur mais hurle aussi ce prénom, « Edith ! ». Le soldat s’accroche à un poteau, tombe à son pied. Le sang coule, les larmes aussi mais pas des larmes de douleur comme un enfant de cinq ans, des larmes de douleur comme un homme qui ne pourra plus jamais revoir celle qu'il aime.

 

Texte d'Alexandre

 

Le lendemain matin, avant d’aller au travail, Edith, croyant encore au retour de son mari, alla voir les boucles d’oreilles promises à la bijouterie. Elle regardait vaguement en se disant : «  Mon pauvre Pierre, m’offrir des boucles d’oreilles…mais il y a tellement plus important. »

Quelques semaines plus tard, Edith reçut une lettre d’Henry qui lui annonçait la mort de son amoureux. Elle resta choquée pendant fort longtemps. Puis elle se mit à économiser pendant des années et des années avec son misérable salaire pour enfin acheter les plus belles boucles d’oreilles de la bijouterie…


 

 

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Published by CDI Collège Marie Curie Les Lilas - dans travaux des élèves
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